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Charles
Sevestre
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Au printemps 1999, la revue L’ESSART publiait un article de M. Luc Lessard sur la famille Sevestre en Nouvelle-France. En cette année 2007, qui marque le 350e anniversaire de la mort de Charles Sevestre, il nous apparaît de bon ton de rappeler à notre mémoire certains faits et traits du père de Marguerite, femme d’Étienne de Lessart.
En France, les Sevestre font partie d’une famille avec un certain prestige puisque Louis Sevestre est un maître-imprimeur à Paris de 1543 à 1584. Son fils Thomas est à son tour imprimeur-libraire juré de l’Université de Paris de 1586 à 1605. Trois de ses fils, Gilles, Louis et Charles adoptent son métier. C’est ce dernier, Charles, époux de Marguerite Petit-Pas, qui est le père de Thomas, de Jacques et de Charles qui viendront s’établir en Nouvelle-France. Charles fils épouse Marie Pichon en 1627 à Paris; elle est veuve de Philippe Gaulthier de la Chenaye. Elle avait déjà trois enfants, nés à Paris, de son premier mariage: Guillaume Gaulthier de la Chesnaye, Catherine Gaulthier de la Chesnaye et Charles Gaulthier-Boisverdun. Avant leur départ de Paris, Charles et Marie eurent deux filles : Marie-Denyse et Marie-Marguerite, celle qui deviendra l’épouse d’Étienne de Lessart en 1652. Charles Sevestre est reçu maître-imprimeur le 19 mai 1633.
Pour des raisons obscures, nous retrouvons le couple Sevestre-Pichon en Nouvelle-France en 1636 accompagné de Thomas, de Jacques et de leur mère Marguerite Petit-Pas. Thomas meurt au printemps 1640 lors d’une excursion de chasse sur le fleuve. Jacques Sevestre est décédé en 1685, il était âgé d’environ soixante et onze ans. Ces deux derniers Sevestre n’eurent pas d’enfants.
Au printemps 1639, la Compagnie des Cent-Associés leur avait concédé des terrains à Québec. Nous ne savons pas quelle a été la première occupation de Charles Sevestre mais en 1645, lors de la fondation de la Communauté des Habitants, il est nommé commis de magasin. En août 1648, il est fait procureur-syndic de la même Communauté. Le 8 mai 1651, il est mentionné comme juge-prévôt de la seigneurie de Lauzon, ce fut le premier à occuper une telle charge. De 1651 à sa mort, il fut lieutenant particulier civil et criminel en la Sénéchaussée de Québec créée par le gouverneur Jean de Lauzon.
Charles Sevestre meurt le 8 décembre 1657 et est inhumé sous son banc dans l’église (Basilique de Québec); sa femme y est aussi inhumée le 4 mai 1661. Il fut le seul des Sevestre à laisser des descendants au Canada mais seulement par ses filles, car ses garçons moururent sans enfant.
En retournant dans l’histoire de Québec, on trouve que, malgré la mauvaise fortune de cette famille en Nouvelle-France, ils ont été ceux dont le nom apparaît dix fois dans le recensement de 1636 à Québec; il y avait 45 personnes en tout. Le nom Sevestre n'est plus un patronyme en Amérique parce que les milliers de descendants en ligne directe de cette famille en descendent tous par les filles de Charles Sevestre.
Nous pouvons localiser certaines des propriétés de Charles par les écrits de divers auteurs ou à partir de documents anciens, tels que contrats et legs. Vers 1637, Charles Sevestre et Marie Pichon avaient reçu un territoire qui devint la seigneurie de Lanoraie; cette seigneurie a été reprise par le gouverneur et aussitôt concédée à Étienne de Lessart, époux de Marie-Marguerite Sevestre, et à d'autres héritiers de Charles Sevestre. Le petit fils de Charles, soit Jean-Baptiste Nepveu, devint le vrai colonisateur et seigneur de Lanoraie par divers achats ou legs; Charles, marquis de Beauharnois, et l'Intendant Gilles Hoquart recommandèrent Jean-Baptiste pour une autre concession jouxtant celles dont il était déjà propriétaire. Le père Lucien Campeau, s.j., affirme qu'en 1645 la famille Sevestre occupait des terres où se trouve aujourd'hui la citadelle de Québec. Charles Sevestre reçut un emplacement de soixante toises (1 toise = 36 pieds français carrés, 1 pied français = 0,32484 mètre ou 1,06575 pied anglais ou 12,789 pouces anglais) dans la basse- ville de Québec, nous(*) supposons qu'il s'agit de l'emplacement d'un logis situé rue Notre-Dame, là où se trouve le parc de la Cetière actuellement. Il possédait aussi soixante-six pieds de front coin rue sous le Fort et rue Saint-Pierre (côté ouest). (Cette mesure est probablement en pieds français) (**). Le terrain de la « Maison Parent » fut concédé à Charles Sevestre en 1650, il est situé tout près de l’Habitation de Champlain (ancien lot numéro 2138). L’adresse actuelle est: 11, rue St-Pierre, 20-22 rue Sous-le-Fort et 17, rue des Petits-Pains. Après 1656, cet emplacement et la maison sont légués à Charles Gauthier dit de Boisverdun, son beau-fils. Charles Sevestre fit don à Marie-Magdeleine, sa fille, d'une terre localisée aujourd’hui entre, d’une part, le chemin Saint-Louis et le boulevard René Lévesque et, d’autre part, entre la rue Thornhill et le couvent des sœurs Dominicaines. Il reçut aussi une autre concession de M. Jean de Lauzon le 20 juillet 1652 qu'il allait alors occuper. Source: Les renseignements proviennent de documents de l'abbé Honorius Provost et de la collection « Civilisation du Québec» : Les Sevestre et la Nouvelle-France, publié par le ministère des Affaires culturelles et colligé par Mme Marielle Laroche-Monpetit.
Note de la rédaction (*) Dans ce texte, si ce n'est pas spécifié, Charles Sevestre est bel et bien Charles (II) Sevestre parce que son père, Charles (I) Sevestre, n'est jamais venu en Nouvelle-France. (**) Par la comparaison entre des reproductions de cartes anciennes et des cartes de la ville actuelle, on localise les deux propriétés de Charles Sevestre dans la basse-ville de Québec.(ref.: Place-Royale Les Familles-souches, publication du M.A.C. (ISBN 2-551-08344-3) pp 9 et 22-23)).
Martin
Lessard Juin 2007 |
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